Passer au contenu principal
Frédéric GRYNFELTT
Frédéric GRYNFELTT
  • Accueil
  • Biographie
  • Galerie de Peintures
  • Articles de presse
  • boutique
  • Contact
  • 0 Liste des produits favoris
  • 0 Panier
  • Épuisé
    Sacré-Coeur
    Sacré-Coeur 600,00 €
  • (1 / 1)
  • 1

Photo Jean-Paul Planchon (2011)


"Obéir à l’Inspiration"

par Frédéric GRYNFELTT

PRESENCE D'EN-CALCAT - HORS SERIE N°1 (Obéissance & Liberté) - 2006.

Revue trimestrielle publiée par les moines de l'Abbaye Saint-Benoît d'En-Calcat (Dourgne).

L’idée d’obéir n’est pas la première chose qui vient à l’esprit de l’artiste quand il embrasse sa carrière. C’est même la dernière ! Tant d’embûches s’élèvent, à peine formée la première intention de peindre... Sa vocation le tourne d’instinct vers la Liberté. Une force intérieure le pousse vers un ailleurs, idéal dénué d’entraves. La rêverie déjà l’éloigne du présent et le porte dans un imaginaire plus viable. Ce retrait du réel tourne à volonté le regard du dehors vers l’intérieur. Ce petit mouvement déclenche l’écoute nécessaire qui ouvre une voie vers l’Art. Le monde peut s’infiltrer par les sens et fermenter dans les entrailles pour ensuite s’actualiser dans le poème, la partition, la pierre, la peinture... Mais voilà : cette actualisation procède d’une obéissance !

Sans le savoir, au départ, accepter de suivre l’appel d’une vocation, ce n’est pas choisir mais obéir. Les difficultés qui suivent sont si fortes que, s’il devait appliquer ses facultés de discernement et de jugement pour choisir de vivre ou non de son art, l’artiste en herbe choisirait le non. Ceci veut dire qu’il s’agit d’un appel impérieux auquel il obéit. Mais quelle chance ! Car s’il ne choisit pas, il est choisi. Et à quoi reconnaît-il en lui cette vocation ? D’abord à cette émotion qu’il éprouve aux choses du monde et qui le pousse sans cesse à percevoir la Beauté. Il se rend compte que cette singularité le porte à déceler la Beauté là où parfois même, certains ne la voient pas. Ce double-regard lui donne cet air rêveur qui fait dire aux autres qu’il n’a pas les pieds sur terre... Et puis vient cette nécessité d’exprimer tout ce qui s’engrange à l’intérieur, de le faire chanter pour le partager. Là encore, il faut trouver l’art et la manière mais les choses sont bien faites pour l’appelé car naturellement il se découvre les prédispositions qui lui permettent d’oeuvrer.

Alors oui, tout est offert sur un plateau et il suffit d’obéir pour que l’oeuvre s’élabore d’elle-même ! Les choses seraient simples si la nature humaine ne compliquait pas la donne parce que l’ego n’aime pas du tout cette idée... l’obéissance suppose la docilité. Le coeur connaît le chemin qui conduit à l’oeuvre mais l’esprit encombré de mille spéculations parasites brouille sans cesse la piste : la préméditation incline le peintre qui convoite le chef-d’oeuvre et fait du beau sa quête perpétuelle. Je repense quelquefois à cette araignée importune qui me voulait oisif et dont je devais, pour peindre, rompre la toile tendue entre mes pinceaux délaissés... Mais les compositions idéales meurent d’elles-mêmes : la toile ne sait point recueillir ces fantômes. Elle reste blanche tandis que flottent alentour l’inquiétude et le doute. C’est le visage qui change : il porte sur lui les tourments de l’indécision. Et l’esprit rêve le tableau d’une parfaite beauté sans que les mains ne s’aventurent... un plaisir naît de cette perdition et ce mal enjôleur qui vient de soi est le pire.

Comment obéir ? D’abord partir le coeur léger parmi les couleurs... si les soirs d’été dans les guinguettes, les joueurs d’accordéon prennent le relais des cigales, que le peintre fasse chanter son carré de toile pour prolonger la course du soleil. Qu’il lui caresse le ventre. Le geste simplement, ne point formuler mais planer entre la palette et la toile. Car, à l’abri des mots, le tableau avance. Les couleurs veulent qu’on les apprivoise lentement et ne se donnent que familières. Être leur compagnon de jeux, jongler avec, leur tirer la langue : elles sont belles rieuses. C’est la vie même qui s’immisce dans la peinture. Et le visage, face à la toile, porte sur lui cette vitalité. Aussi, se préoccuper de la santé de ses couleurs, c’est se fortifier soi-même. Et l’oeuvre gagne à grandir le peintre qui dispose sur la toile des couleurs de son visage. Cette pensée muette qui anime la main dès les premières touches, intime et déliée, unit la toile et les couleurs dans l’exécution et porte les gestes à leur fin sans que jamais ne s’y mêlent de vaines spéculations.

En fait, les oeuvres puissantes et inspirées coulent librement de mains dociles qui s’abandonnent au souffle de l’Inspiration. Leur source est le silence intérieur. Peindre avec ses tripes c’est puiser le meilleur de soi, de l’autre, des êtres et des choses, des montagnes, de la terre et des étoiles... de l’accueillir en substance sur la toile pour en extraire le sens poétique. L’énergie créatrice se fraye inexorablement un passage depuis la nuit des temps en traversant le coeur de certains hommes qui se découvrent artistes. Le tableau pré-existe comme la fleur dans la graine, et la grandeur de l’Artiste est d’accepter humblement de le délivrer. Le travail de l’esprit est de former au mieux le bourgeon dans lequel s’épanouit la fleur : s’embellir. Sinon, comment la peinture, qui reflète le peintre, pourrait-elle être belle ? La joie sereine qui se manifeste à travailler de concert sur soi et sur la toile révèle qu’obéir à l’Inspiration c’est obéir à soi-même.


"Le tendre provocateur"

par Hélène ROUSE-RIVERE 

La Gazette des Ventes n°8 (édition Midi-Pyrénées, Novembre 2001)

Bien appréhender l'univers pictural à nul autre semblable de cet artiste, c'est se laisser happer par un imaginaire où les phantasmes du peintre se déclinent à l'infini avec un talent qui n'est pas sans faire penser à Goya.

 

Grynfeltt une fois de plus nous bouscule, il se joue de nous, de nos émotions, pour mieux nous permettre d'accéder à son univers. L'Art, pour cet artiste,  ne souffre aucun artifice ni compromis, et se moque bien des conventions établies qui, par le biais d'une séduction mièvre, sont le propre d'une absence de talent évident. Il démontre une fois de plus une constante rare dans sa façon de concevoir une oeuvre, refusant l'éternelle polémique abstraction/figuration. Comme il nous le disait lors d'une précédente exposition, "admirer une toile de Rembrandt, par exemple, ce n'est pas seulement s'arrêter sur le sujet, mais analyser, pénétrer la matière : c'est de l'abstraction pure ! Un tableau se lit une première fois par son sujet et, dans un second temps, on circule avec l'oeil dans la matière".

Cette définition peut parfaitement s'appliquer à son travail, nous y retrouvons cette frontière si ténue, ce "no man's land". Nous déambulons avec lui si nous jouons le jeu, mais comment ne pas le jouer ?

Dans cet espace onirique où le sujet surgit "comme par accident", nous donnant cette impression de fragilité intemporelle qui peut se mouvoir en une espèce de trouble d'autant plus intense que la perfection du graphisme, la fulgurance du trait, servies par un pinceau pour lequel les audaces chromatiques deviennent un enchantement.

Comment ce diable de Grynfeltt peut-il nous entraîner si loin dans son labyrinthe mental ? Peut-être par le jeu de ce fameux hasard, qui ponctue sa si personnelle démarche, mais est-ce bien un hasard ou la patte d'un réel talent ? Une chose est en tout cas certaine, si les thèmes abordés par l'artiste sont parfaitement définis et reviennent de façon récurrente : l'eau, l'air, le feu, le désir charnel, les joies épicuriennes, la Nature, les animaux, la clarté, l'obscurité, la remise en question est permanente, point d'automatisme, mais une quête permanente qui tend vers son concept de la perfection. Il suffit de contempler ses bustes de femmes à la féminité bouleversante, tendres Ophélies shakespeariennes à la sensualité baudelairienne. 

Grynfeltt le rêveur laisse éclater son lyrisme à travers une série de personnages vénitiens, des bouquets aux parfums subtilement vénéneux, des petites merveilles que sont ses miniatures figurant de jeunes femmes alanguies, et puis, bien sûr, ces fameuses coulées surgies du néant, le tout fracassant la toile "comme par accident".

 

"Grynfeltt est devenu définitivement grynfelttien !"

 

 

 

 

 

 

 

 

 


© 2025 - 2026 Frédéric GRYNFELTT
Propulsé par Webador